LDH Section Paris 14/6

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Rencontre avec Laurent BONELLI

Le Mercredi 24 Mars 2010 à 20h

dimanche 21 mars 2010

La section Paris 14/6 de la Ligue des droits de l’Homme vous invite :
Mercredi 24 Mars de 20h à 22h
A la Maison des Associations du XIVème
22 rue Deparcieux 75014 Paris
Métro : Denfert-Rochereau –Bus : 28, 38, 58, 88

Campagne LDH

Sommes-nous en état d’insécurité comme le discours ambiant le véhicule ? Un risque permanent nous guette t-il au coin de la rue ? Il est légitime de se poser ces questions si l’on considère l’arsenal, bien réel lui, de dispositifs et de lois sécuritaires qui se développent, tous plus menaçants les uns que les autres pour les libertés publiques.

Sur le thème « Insécurité et lois sécuritaires », venez débattre avec Laurent Bonelli, sociologue, maître de conférences en science politique de l’université de Paris X-Nanterre, auteur notamment de « La France a peur. Une histoire sociale de « l’insécurité », et de « La machine à punir. Pratiques et discours sécuritaires ».

Les points et les questions suivantes seront abordés :

  • Insécurité : construction d’un objet :

Voila plusieurs années que ce mot (avec son corollaire, la sécurité) semble s’être imposé dans le débat public. Il est fidèlement accompagné par d’autres termes dont il est presque devenu indissociable comme terrorisme et délinquance, qui tendent à le définir. Peut-on et comment expliquer son avènement ? Quels sont les facteurs qui ont permis cette émergence ? Est-ce un phénomène nouveau ou l’histoire contemporaine française montre-t-elle qu’il connut un succès similaire lors de périodes d’agitations comme la guerre d’Algérie ou mai 68 ? Lorsqu’il est employé aujourd’hui, que signifie-t-il ? A quoi fait-il référence ?

  • Insécurité : l’élaboration et l’affirmation d’un discours
 :

En admettant qu’on puisse séparer ce point du précédent. On assiste depuis plusieurs années à des échanges croisés qui consolident cet objet et le légitiment. Les discours des experts en tout genre, du personnel politique, le traitement médiatique de l’insécurité : cet ensemble créé un buzz voire un martèlement permanent, à tel point qu’il n’apparaît même plus possible de s’interroger sur la réalité de l’insécurité : elle est "évidente". De sujet majeur de la campagne des élections présidentielles de 2002, il est devenu transversal. L’insécurité s’impose maintenant comme le prisme à travers lequel on scrute notre société (éducation, urbanisme, justice, action sociale...) et il sert bien souvent de référent dans l’élaboration des politiques et des lois. Comment en est-on arrivé à une telle situation de concorde, d’adhésion sur la question de l’insécurité ? Pourquoi ce discours sur l’insécurité fait-il quasi-consensus ?

  • Insécurité : des lois répressives comme arme pour y faire face
 :

Il y a, depuis une dizaine d’années, une inflation légale avec une succession de lois sécuritaires ayant pour but de lutter contre... "l’insécurité". Leur nombre et leur nature seraient sans précédent. Certaines d’entre-elles menacent directement la sûreté des citoyens telle que définie dans l’article 2 de la déclaration de 1789, précisément la protection contre l’arbitraire et les excès de l’Etat. En comparaison, que peut-on dire des lois d’exception prises au moment de la guerre d’Algérie, et des lois "Anti-casseurs" de R. Marcellin, "Sécurité et Liberté" de A. Peyrefitte, des lois dites "Pasqua", et "Sécurité Quotidienne" de D. Vaillant ? Quelles sont la pertinence et la signification politique de cet empilement de lois qui, si on en croit les statistiques officielles, n’atteignent pas leur but puisque "l’insécurité" loin de régresser augmenterait plutôt ? Quelle est leur portée ? Si des fondements démocratiques sont remis en cause par ces lois, quels sont-ils ? Quelles conséquences à moyen terme sur le fonctionnement de notre société et d’une démocratie déjà bien imparfaite ?

Laurent BONELLI Sociologue, Maître de conférences en Science Politique de l’Université de Paris X-Nanterre Membre du comité de rédaction de la revue Cultures & Conflits et du comité éditorial de la revue International Political Sociology (Blackwell)